Les coffres de la musique jamaïcaine regorgent de chefs d’œuvres ébouriffants n’attendant que les faveurs de rééditions pour se propager au plus grand nombre. Une manière aussi de liquider les clichés de plage et de fête qui collent au reggae bien malgré lui.
Un son brut qui vient du ghetto, une voix douce mais ulcérée par les injustices, une inspiration guidée par les révoltes venues d’Afrique. Avec son premier album Revolutionary dream (1976), Pablo Moses signait déjà un classique roots sans concession. Plus sophistiqué, perché dans des brumes rastafariennes méditatives mais toujours porteur d’un message politico-social, A Song (1980), malgré ses contours plus léchés, n’en reste pas moins dans la même droite ligne. Edifiés avec des musiciens majeurs (Horsemouth Wallace, Sly & Robbie, Tommy Mc Cook, I Threes, Cedric Brooks), les deux tomes tutoient la très haute qualité musicale et réservent de succulentes envolées instrumentales. Et sont autant d’étoiles sur le béret du révolutionnaire Moses.